A la forêt Gastine de Ronsard ,( Odes, II, 15 ) ; XVIème siècle.

 

 

 

Couché sous tes ombrages verts,

Gastine, je te chante

Autant que les Grecs par leurs vers

La forêt d'Erymanthe.

 

Car, malin, celer je ne puis

A la race future

De combien obligé je suis

A ta belle verdure.

 

Toi qui, sous l'abri de tes bois,

Ravi d'esprit m'amuse ;

Toi qui fais qu'à toutes les fois

Me répondent les Muses ;

 

Toi par qui de ce méchant soin

Tout franc je me délivre,

Lorsqu'en toi je me perds bien loin

Parlant avec un livre.

 

Tes bocages soient toujours pleins

D'amoureuses brigades

De Satyres et de Sylvains,

La crainte des naïades !

 

En toi habite désormais

Des Muses le collège,

Et ton bois ne sente jamais

La flamme sacrilège !

 

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