Extrait de l'acte III, scène 2 des Fourberies de Scapin de Molière

GERONTE, sortant la tête du sac. Ah ! je suis roué.

SCAPIN. Ah ! je suis mort.

GERONTE. Pourquoi diantre faut-il qu'ils frappent sur mon dos ?

SCAPIN, lui remettant la tête dans le sac. Prenez garde, voici un demi-douzaine de soldats tout ensemble. (Il contrefait plusieurs personnes ensemble.) " Allons, tâchons à trouver ce Géronte, cherchons partout. N'épargnons point nos pas. Courons toute la ville. N'oublions aucun lieu. Visitons tout. Furetons de tous les côtés. Par où irons-nous ? Tournons par là. Non, par ici. A gauche. A droite. Nenni. Si fait. "(A Géronte avec sa voix ordinaire.) Cachez-vous bien. " Ah ! camarades, voici son valet. Allons, coquin, il faut que tu nous enseignes où est ton maître. Eh ! Messieurs ne me maltraitez point. Allons, dis-nous où il est. Parle. Hâte-toi. Expédions. Dépêche vite. Tôt. Eh ! Messieurs doucement. (Géronte met doucement la tête hors du sac et aperçoit la fourberie de Scapin.) Si tu ne nous fait trouver ton maître tout à l'heure, nous allons faire pleuvoir sur toi une ondée de coups de bâton. J'aime mieux souffrir toute chose que de vous découvrir mon maître. Nous allons t'assommer. Faites tout ce qu'il vous plaira. Tu as envie d'être battu ? Je ne trahirai point mon maître. Ah ! Tu veux en tâter ? Voilà ... Oh ! " (Comme il est prêt de frapper, Géronte sort du sac et Scapin s'enfuit.)

GERONTE. Ah ! infâme ! Ah ! traître ! Ah ! scélérat ! C'est ainsi que tu m'assassines !

 

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