Commentaire
composé
Sur Terre des Hommes
D’Antoine de Saint Exupéry
Pages 60/61/62
Avec Bazin et bien d’autres écrivains, on peut dire que le genre autobiographique est très développé au XX ème siècle.
Ainsi dans « Terre des Hommes », Antoine de Saint Exupéry relate toutes ses aventures de pilote pour Latécoère.
Dans
« L’Avion et
C’est pourquoi, dans ce commentaire composé, nous verrons deux points que je trouve particulièrement importants dans ce chapitre qui fait que celui-ci soit réussi. C'est-à-dire que ce passage raconte bien l’expression de la virginité du site par Saint-Exupéry et surtout je pense que ce passage est en fait une histoire de conte.
Premièrement,
voyons comment l’auteur parvient à insister sur le fait que
Tout d’abord, on peut découvrir, dans ce passage, de nombreux repères temporels qui soulignent la durée pendant laquelle ce « territoire » est resté « vierge ». En effet, comme par exemple « de toute éternité » et « jamais »qui nous montrent bien que personne n’est « jamais » venu dans le désert avant lui, puisqu’il dit qu’il est le « premier ».On peut donc dire que les repères temporels dans ce cas là sont une formule d’insistance pour déterminer et appuyer une durée infinie.
Ensuite, il y a beaucoup de figures de style présentes dans ce passage et des termes privatifs. Tout particulièrement des anaphores et répétitions qui sont bien développées principalement dans la première partie de ce texte. L’anaphore « aucun » répétée deux fois insiste bien sur ce terme privatif. Quant à la répétition de « jamais » elle aussi est un terme privatif de temps pas de personne. Ces deux procédés, mélangés ensemble, accentuent davantage cette idée que les terres des Maures aient été vierges.
Enfin, on peut voir que ce passage est très riche en ponctuation surtout en ce qui concerne le premier paragraphe de ce texte. La phrase « J’étais le premier à faire ruisseler, d’une main à l’autre, comme un or précieux, cette poussière de coquillages », on y trouve trois virgules qui marquent des temps d’arrêt, des silences. Ceux-ci soulignent effectivement la lenteur avec laquelle l’auteur décrit la situation. Cette lenteur est totalement en rapport avec le calme qui règne dans cette partie du désert grâce à l’inexistence de traces humaines.
Donc pour prouver au lecteur que personne n’ a jamais arpenté ce territoire , l’auteur utilise des formules d’insistance liées aux figures de style associées à des termes privatifs, rythme lent et repères temporels indéfinis.
Maintenant, regardons comment l’auteur transforme une histoire en Mauritanie en un conte avec sa syntaxe.
En effet, je
m’explique : l’auteur au début de ce passage emploie beaucoup de termes
essentiellement en rapport avec la guerre et la conquête d’un territoire
inoccupé. Etudions les phrases « Aucun Maure n’eût pu se lancer à l’assaut
de ce château fort. Aucun Européen, jamais, n’avait exploré ce territoire. On
peut constater que l’idée de la guerre est bien représentée par « se
lancer à l’assaut de ce château fort » ; la conquête elle aussi, par
l’intermédiaire de « exploré ce territoire ». Ici ce territoire est donc
mis pour
On peut aussi trouver beaucoup d’images dans les derniers paragraphes. On peut citer « le pommier céleste » ; « le diamant noir » qui visent à donner beaucoup plus d’importance à quelque chose de bénin. Un simple pommier devient « un pommier symbolique » et un « caillou noir » a pourtant la dureté « d’un diamant noir ».A mon avis, l’auteur veut valoriser de simples choses qui pour lui sont symboliques. Une autre image aussi très importante et intéressante ; il s’agit de la comparaison « du caillou noir » à une « trouvaille ». Je pense que l’auteur veut montrer que pour lui certaines choses sont un fait marquant et donc importantes et ainsi que « ce caillou noir » est un vrai trésor, « une trouvaille », une récompense.
Enfin, un dernier procédés des plus convaincants est à prendre en compte : dans chaque paragraphe on se rapproche à chaque fois de la structure du conte c’est à dire un héros, un obstacle, des adjuvants, une récompense. Ainsi au début du texte, on a cette idée de la conquête de ce désert après une guerre ou plutôt une lutte pour se poser dans ce territoire hostile. Puis Antoine de Saint Exupéry va contempler une « étoile ». Je pense vraiment que cette « étoile » va l’aider à trouver « le caillou noir » car je crois que c’est un guide, un signal pour dire que ce « caillou noir » est présent, là, du moins à mon avis. Après avoir ramassé celui-ci, il tombe nez à nez en pensée avec ce « pommier céleste » qui va jouer un rôle très important par la suite. En effet, il va aider l’auteur à prendre conscience du fait que si « ce caillou noir » provient d’un aérolithe il en retrouverait d’autres. Il a fait le rapprochement entre le « pommier céleste » qui perd ses fruits que l’on retrouve où ils sont tombés, avec l’aérolithe qui, en se brisant, a éparpillé ces brisements, « ces cailloux noirs ». De plus, sachant que ce désert n’a jamais été « exploré », ceux-ci sont forcément à l’endroit même de leur chute comme le dit l’auteur lorsqu’il dit qu’il « s’en fut en exploration pour vérifier son hypothèse ». Il se met donc à leur recherche et puis arrive petit à petit à reconstituer, à l’aide de son imagination, le moment où l’aérolithe s’est brisé donc « cette averse de feu ».
C’est pourquoi ce passage est en fait exactement comme un conte, on a sa structure : un héros, l’auteur ; un obstacle, le désert ; deux adjuvants, « l’étoile » et « le pommier céleste » et enfin une récompense, « ces cailloux noirs » et surtout cette reconstitution de « l’averse de feu ». De plus à l’aide des termes de la guerre et de la conquête ainsi que les nombreuses images, j’ai montré que ce texte est un conte.
Donc, ce passage est un appui pour prouver au lecteur que personne avant lui n’avait conquis le désert et que ce passage est un conte. Mais dans les textes de Saint Exupéry, ne pouvons-nous pas nous attendre à ce qu’il y ait d’autres aspects de ce texte tous aussi intéressants comme la musique des phrases par exemple.